Je marche vers demain

Je marche vers demain, avec l’IA, en gardant un œil sur ce qui ne demande rien.


Je marche, parce que rester immobile n’a jamais protégé le monde.
Je marche, parce que la nouveauté arrive toujours, qu’on l’invite ou non.
Et aujourd’hui, elle s’appelle intelligence artificielle.

Je ne la crains pas.
Je ne l’idolâtre pas non plus.

Je la regarde comme on regarde un outil puissant posé sur une table.
Tout dépendra de la main qui s’en saisit.
Et surtout de ce qu’elle oubliera de regarder en chemin.

Car pendant que nous optimisons, calculons, accélérons,
quelque chose continue d’exister sans faire de bruit.

Ce qui ne demande rien.
Ni performance, ni justification, ni retour sur investissement.

Un silence dans une forêt.
Un regard qui se perd.
Un temps long qui résiste.

Et parfois, si l’on accepte de ralentir,
si l’on cesse de tout vouloir comprendre, mesurer, nommer,
il y a encore des présences discrètes.

Certains appellent cela la nature.
D’autres parlent de poésie.
Moi, je crois qu’il reste encore des fées.

Non pas des créatures naïves ou enfantines.
Des fées comme symbole de ce que le monde garde de secret,
malgré nos algorithmes et nos certitudes.

Elles disparaissent quand on fait trop de bruit.
Elles s’éloignent quand tout devient utile.
Elles survivent là où l’on accepte de ne pas tout prendre.

Alors oui, avançons.
Inventons.
Explorons.

Mais sans piétiner ce qui ne réclame rien.
Sans effacer l’invisible sous prétexte d’efficacité.
Sans confondre progrès et oubli.

Je marche vers demain, avec l’IA.
Pas pour aller plus vite.
Pour aller plus juste.

Et si, en chemin, une fée traverse encore le paysage,
alors peut-être aurons-nous réussi quelque chose de rare :

faire entrer la nouveauté
sans faire sortir l’âme du monde.